Monpazier
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Les arcades à la Place

Les arcades à la Place (intérieur)

La Place de Monpazier

   500 hab, Dordogne, marché jeudi, foire 3ème jeudi du mois, fêtes communales (juin-octobre), i: 53.22.60.38

    C'est en examinant une vue à vol d'oiseau de Monpazier qu'on saisit le mieux la parfaite rationalité de la bastide. Non seulement sur la place mais souvent le long des rues, les maisons ont conservé leurs dispositions d'origine avec des toitures à longs pans perpendiculaires aux voies de circulation. On connaît exceptionnellement le nom de celui qui fut sur le terrain "l'urbaniste" de la bastide, Bertrand de Panissels, également chargé avant de la réalisation de Molières

  

Monpazier á voi d´oiseau

 

       Monpazier est une oeuvre capitale qui a révélé à tous la notion de bastide. Les rues et les ruelles y sont tracées avec une régularité sans faille et le contour de la ville décrit presque parfaitement un rectangle. Outre cette géométrie rigoureuse, permise par le site, la bastide a conservé à un degré inégalé ses dispositions d'origine. Sa visite est des plus instructives. Nulle part ailleurs, en effet, on ne peut prendre connaissance en un même lieu de la réalité des andrones, des cornières, des couverts ou des carreyrous, éléments spécifiques aux bastides.


      Mais l'attrait de cette petite ville tient aussi à l'authenticité de son architecture. Franchissez les cornières, et c'est le XIIIe siècle qui se referme sur vous. La place, bordée de maisons gothiques qui se touchent dans les angles, est comme une pièce à ciel ouvert, une antichambre du Moyen - Age parvenue par miracle jusqu'au XXe siècle. Les façades qui en forment le tour ont des dimensions semblables et sont pour la plupart antérieures au XVIe siècle. Cela confère à l'ensemble son admirable homogénéité que ne réussissent pas à troubler quelques maisons en recul, résultat d une volonté d´élargissement heureusement abandonnée.

        La bastide fui fondée en 1285 par le roi d'Angleterre en paréage avec le seigneur de Biron qui apporta le terrain. Ce dernier accordé par le seigneur se réduisait d'ailleurs au strict périmètre de la bastide, sans terre autour, ce qui fait encore de Monpazier une des plus petite commune de France avec 53 ha. Avec cette bastide, Edouard d'AngIeterre avançait un nouveau pion à la frontière orientale de ses domaines et renforçait les deux positions déjà existantes de Beaumont (1272) et de Molières (1278-1286).


        Il semble que la bastide ait eu du mal à démarrer puisqu'en 1289 le roi d'Angleterre dut intervenir et menacer d'amende les colons réticents à s'installer véritablement et à construire leurs maisons. Le début de la construction de l'église et des remparts date de cette époque là. Le choeur de l'église ne sera terminé qu'en 1506, après l'installation dans le bourg des moines de la collégiale de Capdrot.

Les cornières

    L'ingéniosité des cornières a retenu l'attention de Viollet-le-Duc qui en a reproduit le dessin dans son dictionnaire de l'architecture française. Ainsi les maçonneries des maisons d'angle sont évidées au rez-de-chaussée et ménagent le passage d'un homme à cheval ou d'une petite carriole. Cette disposition se répète avec des variations aux quatre coins de la place.

Les rues sont droites et orientées pratiquement dans le sens nord/sud et dans le sens est/ouest. Deux rues principales, larges de huit mètres traversent la bastide de part en part en passant sous les couverts. Elles sont barrées aux extrémités par les portes du rempart.

Le porche de léglise à travers une cornière

       La bastide possède en effet encore trois des six portes qui flanquaient à l'origine l'enceinte, tandis que celle-ci a été emportée presque partout par les maisons qui s'y sont adossées.


        Les maisons de la place issues de la division du sol ont toutes la même taille -8 mètres par 24 mètres -et sont séparées par des andrones. Les lourdes façades de pierre qui s'élèvent au dessus des arcades sont à peine animées par des fenêtres à meneaux finement sculptées, souvent rajoutées sur les maçonneries anciennes. L´une des plus savantes, dans le coin qui touche à l'église signale l'habitation d'un riche bourgeois. Sa baie quadripartite du XVe siècle a pu être restaurée dans les années 50 à l'aide de vestiges retrouvés dans les murs.
 

       La halle quant à elle est fort ancienne. De dimensions modestes cette unique construction en bois du village abrite un comptoir où sont scellées les mesures à grains utilisées autrefois les jours de marché.

 

Androne (0,25m), Carreyrou (2m), Ruelle (6m), Rue Principale (8m)

Les mesures à grains sous la halle

Concert sous la halle